Les informations sur cette page sont tirées du document:"Projet Environnement Urbain à Lomé" (PEUL)

I- SITUATION DE LA COLLECTE DES DECHETS SOLIDES URBAINS

Depuis 1921 par arrêté ministériel, la gestion des déchets solides urbains dans la commune de Lomé est du ressort de la Mairie qui assurait ce service en régie. En 1974, pour des raisons d’efficacité le ramassage des déchets solides urbains a été confié par la Mairie à une société privée la SOTOEMA (Société Togolaise d’Enlèvement des Ordures Ménagères et d’Assainissement).
La SOTOEMA faisait de la collecte porte à porte par des camions bennes tasseuses. Elle utilisait aussi pour la desserte de certains quartiers des bacs à ordures dans lesquels les ménages allaient déposer eux-mêmes leur ordure.
Mais les dettes cumulées de la commune vis-à-vis de la SOTOEMA ont conduit progressivement à une dégradation de la qualité des prestations et puis à la rupture en 1997, du contrat qui liait la commune à la société.
Dès lors, ce sont développés, à travers la commune, divers systèmes de collecte des déchets solides urbains dont notamment :

  • le ramassage porte à porte effectué par la DST sur les grandes altères ;
  • l’expérience de collecte faite à Ablogamè avec un camion fourni par le GRAND LYON à la Commune de Lomé ;
  • l’évacuation organisée par la ville des dépotoirs sauvages ;
  • et la pré collecte organisée par des associations ou ONGs.

C’est au terme de l’opération pilote qui n’a connu aucune évaluation systématique que la municipalité a, lors d’un conseil adopté, la pré collecte comme système de gestion des déchets solides urbains à Lomé. De ce fait, la Mairie n’a en charge que la collecte et le traitement à la décharge finale.

Aussitôt, des associations se sont constituées dans les quartiers des Lomé et chaque jour les ordures ménagères sont pré collectées et acheminées vers des dépotoirs intermédiaires et des dépotoirs sauvages.

Dans le cadre du projet de développement urbain au Togo, 25 associations de quartiers dans le canton de Bè ont été appuyées pour la pré collecte. Depuis ce moment à ce jour, les déchets sont évacués des ménages par les associations de pré collecte. Ce service est facturé directement au ménage abonné au tarif mensuel moyen de 1000 F CFA par ménage. L’évacuation des dépotoirs intermédiaires est assurée par la Mairie avec le concours d’entreprise privée de la place et consiste à enlever les déchets solides urbains des dépotoirs intermédiaires jusqu’à la décharge finale.

1.1- Les acquis de la pré collecte

  • L’émergence d’initiative privée st communautaire avec plus d’une centaine de structures diverses s’adonnant à la pré collecte dans les différents arrondissements de la Commune de Lomé ;
  • La participation des populations à la gestion de leur environnement en acceptant de payer une redevance de pré collecte ;
  • Un taux de couverture plus élevé de la ville en matière de ramassage des déchets solides urbains ;
  • La création d’emploi au niveau de la filière pour les jeunes et adultes.

1.2- Les insuffisances

  • La méconnaissance et, partant, la non application de la réglementation liées à la répression des infractions d’hygiène et de salubrité et l’absence de réglementation dans la profession de ramassage des solides urbains sont à déplorées.
  • La chaîne de collecte des déchets solides urbains ne fonctionne pas convenablement dans tous ses maillons. La pré collecte et la collecte sont beaucoup moins bien assurées.
  • Le manque de sites dans les quartiers pour abriter des dépotoirs intermédiaires. Ce qui entraîne la création de dépotoirs sauvages par les associations de pré collecte et par les ménages.
  • La circulation des charrettes entraîne l’encombrement sur les grandes artères et occasionne des accidents.
  • Au plan social, les agents pré collecteurs sont mal traités et peu couverts. Cette situation les contraint à une mobilité, sur le plan professionnel, qui porte préjudice aux performances de la pré collecte.
  • L’intervention anarchique des associations ou ONGs dans les quartiers occasionnant une concurrence déloyale et un service mal rendu.
  • L’inadéquation entre le cadre juridique des associations et l’activité lucrative menée. Pratiquement toutes les associations parviennent à rentabiliser l’activité, leur procurant des revenus qui sont contraire à l’esprit d’association régie par la loi de 1901.
  • La non participation  des associations au financement de la collecte des ordures et la non maîtrise par la municipalité de l’activité des associations de pré collecte.

II- PROBLEMATIQUE

La gestion des déchets solides dans la ville de Lomé est déficiente et constitue une grave menace pour la santé publique, l’environnement et le développement socio-économique. En dépit des efforts déployés par les autorités municipales, les déchets solides produits dans la ville sont soit dispersés sur place ou brûlés par les habitants, soit transportés vers des décharges non contrôlées ou encore laissés sur les voies publiques et les espaces vides. La ville de Lomé, avec ses 69 quartiers, est couverte par plus d’une centaine d’associations qui évoluent dans un cadre purement informel, caractérisé par une sorte d’anarchie. Le service assuré par les associations de pré collecte  est plus ou moins satisfaisant selon le quartier.
La seconde partie de la filière, l’enlèvement depuis les dépotoirs intermédiaires, et le transfert jusqu’à la décharge est confiée à des entreprises privées. Ce service souffre également de graves disfonctionnement.

Il se pose alors un véritable problème d’existence et d’efficacité d’un système de gestion durable des déchets solides urbains.
Face à cette préoccupation, la commune de Lomé a mené des réflexions en groupes thématiques en mettant ensemble des compétences locales. Il en est résulté un document de stratégie qui assoie la base d’une gestion durable des déchets solides.    

III- PRINCIPES – VISIONS – STRATEGIES POUR LA PRE COLLECTE

3.1 – Principes de base

  • Le rôle primordial de la Mairie en matière de gestion des solides urbains qui, même si elle délègue l’exécution des prestations, doit en garder la planification, la coordination, le suivi et le contrôle, en raison du caractère de service publique de l’enlèvement des déchets solides urbaines dans la commune.
  • Le principe pollueur payeur imposé à tout producteur de déchets solides de la ville.
  • Pour être efficace et compte tenu  des moyens dont elle dispose la            Mairie de Lomé organise la gestion des déchets solides urbains en quatre (04) maillons  à savoir : i) la pré collecte directe, ii) la pré collecte indirecte, iii) la collecte et iv) l’exploitation de la décharge finale.
  • La Mairie de Lomé gère toute la filière dans un cadre de Partenariat Public / Privé. A chaque maillon de la chaîne  elle travaillera uniquement avec des structures identifiées comme opérateurs économiques et inscrites au registre du commerce du Togo. 

      3.2 – Visions

  • La municipalité entend accompagner les structures de pré collecte actuelles pour les amener à engager cette mutation fondamentale, une personne ressource sera mise à disposition des responsables des structures de précollecte pendant les 30 jours ouvrés suivant la formation pour les aider dans leurs démarches administratives ;
  • La municipalité souhaite, à partir de janvier 2009 contractualiser avec des opérateurs économiques pour assurer les opérations de pré collecte ;
  • Pour garantir la salubrité dans tous les quartiers de la ville de Lomé, pour améliorer la qualité du service auprès des populations et pour maîtriser les prestations de pré collecte, la municipalité procèdera à une opération de zonage.  
  • Les quartiers administratifs, les quartiers résidentiels et les quartiers dans lesquels il est impossible d’implanter des dépotoirs intermédiaires connaîtront un ramassage des déchets solides par pré collecte directe ;
  • La Mairie entend mettre tout en œuvre pour qu’à partir de 2009 les charrettes à traction humaine cèdent la place à des motos à benne.

      3.3 – Stratégies

  • Par un processus de consultation régulière, des structures économiques seront attributaires de zone de pré collecte pour une période de 3 ans. Ce qui sous entend que l’intervention dans une zone de pré collecte est dorénavant gérée par la Mairie ;
  • Les tarifs d’abonnement seront fixés par la Mairie de concert avec les prestataires de pré collecte ;
  • La perception des redevances d’abonnement sera effectuée par des structures économiques autorisées par la Mairie dans les zones ou la pré collecte est directe. Dans les zones de pré collecte indirecte la structure économique autorisée à faire la pré collecte indirecte se chargera de percevoir les redevances. Par un procédé de ristourne, les prestataires seront rémunérés.
  • Un cadre de concertation pour les acteurs est mis en place. Il servira de forum de réflexion et d’orientation. Les dépotoirs intermédiaires sont des équipements à entretenir. Ils feront l’objet d’une gestion participative incluant tous les utilisateurs de ces équipements dans un contexte local.
    IV- EQUIPEMENTS DE COLLECTE ET DE TRAITEMENT DES DECHETS

En partenariat avec l’Agence Française de Développement, la Municipalité s’est engagée dans la modernisation de l’ensemble de la filière des déchets solides urbains. Deux axes d’amélioration prioritaires ont été choisis :

  • la construction de dépotoirs intermédiaires contrôlés pour supprimer la multitude de dépôts sauvages, canaliser les flux de déchets et ainsi faciliter leur évacuation vers la décharge d'Agoe-Nyivé ;
  • la sécurisation du site de la décharge finale pour réduire les impacts environnementaux sur les trois prochaines années et le lancement d’une étude d’identification d’un ou deux nouveaux sites d’élimination finale des déchets.

4.1 – Implantations des dépotoirs

Présenter un plan de la ville de Lomé avec les implantations possibles de dépotoirs + un modèle d’aménagement de dépotoir.
Il faut dès à présent expliquer les zones où il n’y aura pas de dépotoirs (par exemple Nyekonakpoe, Kodjoviakopé,  etc.) et les zones où la collecte doit être mécanisée (Résidence du Bénin). Dans ces deux cas,  la collecte se fera en porte à porte par des bennes tasseuses.

4.2 – Aménagement de la décharge

Présenter rapidement la décharge (avec par exemple des photos actuelles du site pour la présentation) et le projet d’aménagement du site qui tient compte du projet de contournement routier.

    V- LA SENSIBILISATION DES HABITANTS

5.1 – Justification

Pour que les systèmes de collecte des déchets solides soient efficaces, les citoyens doivent connaître leurs responsabilités quotidiennes, les gestes à adopter, les procédures standard et l’emplacement des sites adéquats. Il y a donc lieu de mettre en place un système étendu d'information du public en ce qui concerne les questions importantes telles que les méthodes de collecte, l'entreposage des déchets et l'acheminement de ceux-ci aux décharges, ainsi que les risques que pose l'indifférence à l'égard des déchets.
L'objectif est de mettre en place une véritable politique d'éducation à l’environnement pour un changement de comportement.

Cette campagne de communication devra insister sur des messages clés tels que :

  • les conséquences des dépôts sauvages de déchets sur la santé et la qualité de vie (maladies, insalubrité, …)
  • les effets néfastes des dépôts sauvages de déchets pour l’environnement et le cadre de vie (inondations, pollutions, nuisances olfactives, …)

A long terme, les résultats attendus sont :

  • Le changement des comportements liés à l’hygiène et la salubrité des populations de Lomé;
  • La diminution des petits dépotoirs sauvages;
  • L’amélioration de la salubrité du cadre de vie des résidents des quartiers;
  • L’utilisation effective des ouvrages d’assainissement et des dépotoirs intermédiaires par les populations;
  • Une meilleure compréhension et implication des ménages dans leur mode de gestion des ordures ménagères.

5.2 – Organisation de la campagne de communication

La campagne de sensibilisation s’appuiera sur deux axes :

  • Utilisation des médias de masse

Cette première étape de la campagne a pour objectif de toucher le plus grand nombre de personnes par les moyens de communication de masse : la télévision, la radio, la presse écrite et les panneaux publicitaires.
Pour les télévisions et radios, l'objectif est de :

  • réaliser des spots et des sketchs qui abordent les problèmes d'hygiène et de salubrité et présentent les bonnes pratiques de gestions des ordures,
  • faire participer à des émissions ou débats les responsables de la ville de Lomé qui présenteront les évolutions du projet environnement urbain de Lomé et les actions de réorganisation du système de collecte des ordures ménagères.

La campagne radio sera déclinée en différentes langues (Français, Mina, Kabyè et Kotokoli).
Pour ce qui est des journaux et des panneaux publicitaires, la campagne s'appuiera sur la création de visuels illustrant des attitudes et des comportements inciviques incompatibles avec une bonne hygiène.

VI- Sensibilisation en porte à porte

La ville de Lomé compte un réseau associatif particulièrement dense sur lequel la Mairie souhaite s'appuyer pour faire de la communication de terrain. Les Comités de Développement de Quartiers (CDQ), les structures de précollecte des ordures ménagères et certaines ONG axées sur les problématiques environnementales seront des partenaires privilégiés dans cette opération.
Nous souhaitons organiser une formation sur l'hygiène, la salubrité et les bonnes pratiques de gestion des ordures ménagères aux responsables de ces entités pour qu'ensuite, elles sillonnent les quartiers par groupe de deux (un homme et une femme) et fassent une vraie sensibilisation de proximité.

Ce projet est en cours de finalisation. Aujourd’hui, la Municipalité cherche les financements nécessaires pour mener à bien cette opération essentielle pour l’amélioration du cadre de vie des habitants de Lomé.

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