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       I – Contexte et justification

     Selon le rapport mondial sur le développement humain, seulement 44% de la population africaine a accès aux sanitaires (données 2004). Ce taux très variable d’un pays à un autre est encore plus variable selon que soit en milieu rural ou en milieu urbain.  Cette absence de latrines familiales ou publiques fait que la plupart les populations défèquent en plein air, créant ainsi des risques importants pour leur propre santé.
 
A Alokoégbé, un village situé à 15 km de Tsévié, le chef-lieu de la préfecture du Zio, au sud du Togo, ce problème sanitaire est récurrent. Le fleuve Zio, qui est la principale source d'eau dans le milieu, est constamment pollué par les excrétas (fécès et urines) déposés par la population dans la brousse environnante. Cette réalité présente de gros problèmes quant aux conditions d'hygiène de la population qui utilise couramment cette eau pour les actes de la vie quotidienne. Cette problématique doit être d'autant plus résolue que ces excrétas peuvent avoir une utilité au sein même du village. En effet, après rencontre avec la population, les agriculteurs (dont l'activité représente 95 % de la population) ont fait part à l'Association de l'augmentation croissante du prix des engrais. Cette augmentation est dûe à la suppression des subventions de l'Etat sur les engrais et autres intrants agricoles ce qui a réduit, au niveau des agriculteurs, les possibilités d'utilisation de fertilisants adéquats pour les cultures. Ainsi, les apports inappropriés et inadéquats opérés à l'aide des engrais minéraux par les agriculteurs pour élever le niveau de production ont eu pour conséquence l'accélération de la dégradation des sols dont l'acidification, le faible contenu en matières organiques et la baisse de la fertilité. En conséquence, les rendements obtenus des cultures continuent de chuter ce qui ne permet pas de rentabiliser l'activité agricole. Face à ce constat, les agriculteurs du village d'Alokoégbé ont la forte volonté de développer pour leurs cultures les techniques de compostage afin d'utiliser l'engrais organique.

Dans ce contexte, il devient indispensable de développer et de proposer aux agriculteurs des sources nouvelles d'apports nutritifs aux cultures plus accessibles et moins onéreuses et qui de plus sont susceptibles de contribuer à l'assainissement écologique du milieu. Dans cette perception, l'utilisation du système ECOSAN apporte une solution adaptée aux besoins et aux réalités du village. En effet, face à la baisse de la fertilité connue des sols et à la nécessité de promouvoir une gestion intégrée de la fertilité des sols par l'utilisation des sources locales de nutriments, les excrétas humains éliminés, riches en azote et phosphates, pourraient constituer une sources de nutriments. Le processus ECOSAN repose sur les principes suivants :

  • La collecte séparée des matières fécales d’une part, les urines d’autre part,
  • L’hygiénisation complète et séparée des excréments par déshydratation ou par compostage (c'est-à-dire le fait de rendre propres les excrétas afin de les manipuler sans risque pour la santé humaine et l'environnement notamment par l'utilisation de la cendre),
  • L’hygiénisation complète des urines par des processus biochimiques,
  • L’utilisation de ces produits comme engrais dans l’agriculture.

Ce compost organique présente de nombreux avantages et ceci à moindre frais. En effet, ce compost réduit dans un premier temps la prolifération des déchets, il amoindrit les risques sanitaires, limite les maladies des végétations, augmente la production de plantes ainsi que leur qualité et enfin améliore la qualité de la terre.
Ce concept d'«Assainissement Écologique» développé pour favoriser une gestion d'ensemble de l'écosystème, offre des opportunités de développer une interface agriculture-assainissement.
C'est dans la perspective de venir en aide aux agriculteurs du village  d'Alokoégbé que CEC-Togo initie le présent projet. CEC-Togo souhaite pouvoir mettre à disposition de la population d'Alokoégbé 8 latrines écologiques (ECOSAN). Par la réalisation de ce projet, la population aurait désormais à disposition des toilettes publiques, ce qui apporterait un soutien sanitaire dans la prévention des maladies, et enfin la construction de ces latrines permettrait plus facilement aux agriculteurs de collecter les matières fécales qu'ils utiliseraient en vue d'accroître leurs productions agricoles.

       II – Description du projet

            1) Résumé du projet

Ce projet consiste à construire 8 latrines écologiques (ECOSAN) dans le village d'Alokoégbé.

            2) Objectifs

                        a – Objectif général

Ce projet consiste à améliorer d'une part la situation de l'assainissement écologique du milieu d'intervention et d'autre part les conditions socio-économiques de la population cible.

                        b – Objectifs spécifiques

Le présent projet vise les objectifs suivants :

  • Apporter un soutien sanitaire à l'ensemble de la population,
  • Réduire la prolifération des matières fécales dans le village et par conséquent prévenir les maladies, surtout diarrhéiques,
  • Développer auprès des bénéficiaires des actions individuelles favorisant la protection de leur environnement,
  • Développer les capacités locales de création et de gestion des espaces agricoles,
  • Apporter un soutien technique aux agriculteurs du village,
  • Assurer la  présence de l’engrais organique dans le milieu.

            3) Groupes cibles

Les bénéficiaires directs de ce projet sont les agriculteurs du village d'Alokoégbé qui pourront exploiter les matières organiques collectées pour leurs agricultures.
Parallèlement, à travers la réalisation de ce projet, toute la population du village bénéficiera désormais de toilettes publiques.

Nous recherchons des financement pour ce projet. Si vous désirez réaliser le projet dans son intégralité veuillez nous écrire à cectogo@yahoo.fr

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